Réunion du 27 mars 2002
Au cours de la réunion du 27 mars, plusieurs sujets
ont été abordés. En premier lieu, un
rappel sur le fonctionnement du numéro vert mis en
place le 1er janvier 2000 pour répondre aux plaintes
pour odeurs.
L’appel aboutit au standard de Rohm and Haas et est
alors redirigé vers le contre-maître d’usine.
Après avoir relevé les coordonnées du
plaignant, il pose diverses questions pour obtenir une description
de l’odeur, et remplit une fiche de renseignements
qui sera transmise aux unités de production pour vérification
des installations et repérage de la source des odeurs.
Des actions correctives sont ensuite mises en place et le
plaignant est recontacté pour lui exposer les mesures
qui ont été prises.
Bien que le problème des odeurs ne relève d’aucune
législation, le site de Lauterbourg s’investit
depuis quelques années à leur réduction.
Le comité consultatif a ensuite étudié les
90 propositions de la Commission Parlementaire suite à l’accident
du site AZF de Toulouse en septembre 2001. Une Commission
d’enquête sur la sûreté des installations
industrielles et sur la protection des personnes et de l’environnement
en cas d’accident industriel majeur avait visité différents
sites, dont Rohm and Haas et avait rendu un rapport et émis
90 propositions.
Ces propositions concernent 6 domaines :
-
la réduction du risque à la
source,
-
le rôle du facteur humain et notamment
des salariés dans la prévention des accidents,
-
la mise en œuvre d’une plus
grande transparence et d’une expertise pluraliste
des risques,
-
les questions d’urbanisme,
-
l’indemnisation des victimes des
catastrophes industrielles,
-
l’adaptation des procédures
judiciaires.
Réduction du risque à la source
Il s’agit de perfectionner les études
de danger, en améliorant la connaissance des produits
chimiques (à Lauterbourg, les produits présents
sur le site ont été étudiés et
pris en compte dans l’étude de danger et donc
dans les scénarios majeurs) et en rénovant la
méthode des études de danger au niveau européen.
La réduction du risque passe aussi par un renforcement
des moyens de contrôle de l’Etat ; la DRIRE effectuera
donc plus d’inspections des installations.
Facteur humain
La commission souhaite également une meilleure prise
en compte des facteurs humains de dangers, et entend notamment
renforcer les activités des Comités d’Hygiène,
de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT)
dans les entreprises en augmentant le nombre de leurs membres
et en augmentant le nombre d’heures légales
que les membres de ces comités peuvent consacrer à ces
domaines. Le CHSCT doit ainsi devenir acteur de la sûreté industrielle
et participer à l’examen des risques dans le
cadre d’une étude de dangers. Il va de soi que
pour ce faire, les membres devront être formés
annuellement aux risques majeurs. Pour son dossier d’autorisation,
Rohm and Haas avait demandé à son CHSCT de
valider son étude de risques.
Transparence et expertise pluraliste des risques
Il s’agira de transformer le fonctionnement des enquêtes
publiques, pour lesquelles il y aura nécessairement
une réunion publique et contradictoire. Il s’agira également
de mettre au point une échelle des risques simplifiée
et unique en matière d’incidents et d’accidents
industriels et d’améliorer la préparation à l’intervention
en imposant la réalisation d’un exercice annuel
du POI ( Plan d’Opération Interne) et d’un
exercice PPI (Plan Particulier d’Intervention) au moins
tous les trois ans et d’y associer la population. Le
site de Lauterbourg met en place chaque année soit
un exercice POI, soit un exercice PPI et fait participer
la population à ce dernier.
Urbanisme
L’urbanisation dans les zones exposées aux risques
est également remise en question. Il faut dans un
premier temps fiabiliser les périmètres de
danger. Pour ce faire, il faut bien entendu être capable
d’appréhender correctement les dangers. Un fonds
de prévention des risques industriels sera créé,
financé par l’Etat et les exploitants. L’objectif
est d’exercer un droit de préemption dans les
zones à risques et d’aider les investissements à la
sûreté. Ainsi, les propriétaires dont
le bien est menacé, auront le droit d’imposer
l’acquisition de ce bien par le fonds de prévention.
Indemnisation
Le problème de l’indemnisation des sinistrés
est soulevé. Il faut instituer un état de catastrophe
industrielle et imposer un délai maximal d’indemnisation
de trois mois.
Procédures judiciaires
Un dispositif répressif sera mis en place: le non-respect
des consignes de la DRIRE sera sanctionné.